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L'humour au temps du Covid 19

 

Que faire quand tout va mal ? Comme souvent, pendant les temps difficiles, nombreux sont ceux qui ont choisi de résister en pratiquant l’humour. Dédramatiser, tourner en dérision cette période de crise qui a gagné le monde est l’un des mécanismes de défense les plus prisés pour conjurer l’angoisse. Catalyseur de nos peurs, l'humour fait diversion, aussi s'infiltre-t-il dans notre paysage quotidien.

Le rire a le pouvoir de modifier le climat émotionnel dans lequel nous baignons en produisant endorphines et enképhalines, substances physiologiques du bien-être.

"Les neurosciences nous apprennent chaque jour les bienfaits du rire et nous redécouvrons ses vertus comme essentielles à la vie. Il est un puissant régulateur physique, physiologique et mental », explique Fabrice Loiseau, formateur en yoga du rire qui propose des séances de 15 minutes gratuites et accessibles à tous en ligne.

Dès les premiers jours de confinement, une déferlante d’images et vidéos s’échangeait sur les réseaux sociaux : photos, croquis, caricatures, parodies satiriques sur des airs de variété surannés. Le rire, bien qu’il paraisse futile en cette période anxiogène, est un exutoire de prédilection pour décompresser et soulager nos tensions. Il a une fonction de catharsis d’une indéniable efficacité. « Faire rire, c’est faire oublier. Quel bienfaiteur sur la terre qu’un distributeur d’oubli » écrivait Victor Hugo dans L’homme qui rit.

Rire pour guérir, "gai-rire"


Norman Cousins journaliste américain, atteint d’une maladie dégénérative, la spondylarthrite ankylosante, raconte dans un best-seller "La volonté de guérir" sa guérison par le rire. Convaincu du bienfait des émotions positives sur son corps et son mental, il décide de se battre depuis son lit d’hôpital en visionnant des films drôles. Jour après jour, parvenant à se soulager et à guérir de sa maladie, il raconte son étonnante expérience dans son ouvrage.
Rire, un remède certes, mais gardons-nous tout de même de croire qu’il soignerait et guérirait à lui seul toutes les maladies.

Parce que son meilleur ami est atteint de la maladie du Coronavirus, une sophrologue, s’inspirant du livre de Norman Cousins, lui envoie une vidéo quotidienne pour le faire sourire.

Merci à Margot Moquet, Sophrologue à 84110 SEGURET formée dans notre école au cycle de spécialisation en thérapies brèves pour son aimable participation à cette newsletter.

 

Rire et écrire

 

Écrire son journal de bord a des vertus thérapeutiques et peut modifier le rapport au temps. Certains le gardent comme un carnet intime, d'autres le publient sur les réseaux sociaux pour en faire un récit humoristique et transcender le quotidien. C'est le cas de Lionel Tillieu qui a choisi d’écrire ses pensées au fur et à mesure de ses longues journées de confinement et de les propager sur la toile.

Journal de bord d'un confiné

 

JOUR 1 : Mercredi 18 mars. Premier jour à quatre à la maison. Journée ensoleillée, les enfants ont pu profiter du jardin. Pas encore de nouvelles de la maîtresse, j'imagine qu'il faut le temps de s'organiser. Ce midi, apéritif en famille, jeux l'après-midi ; Mathilde avait fait un gâteau au chocolat pour le goûter. Petit air de vacances !
JOUR 2 : Jeudi 19 mars. Première tonte de l'année ! J'adore l'odeur de l'herbe coupée. Les arbres sont en bourgeons, les tulipes sortent de terre, les premiers jours de printemps sont toujours agréables Foot avec les enfants qui ont fini par se disputer, comme toujours. La vie s'organise tranquillement. 
JOUR 3 : Vendredi 20 mars. Les premiers devoirs sont tombés pour Mathis : révisions sur les divisions. Surtout rester calme...Léa fait des dessins pour papa et maman. Trop mignon.
JOUR 5 : Dimanche 22 mars. Le jardin est au carré, on dirait Versailles ! Comme quoi il y a toujours du bon à prendre ! Mathilde a les mains dans la farine la plupart du temps : gare aux kilos en trop. Léa a épuisé la moitié du stock de pages blanches, c'est moche pour la planète. Côté divisions, on rame...
JOUR 7 : Mercredi 25 mars. Si Mathis me demande encore une fois ce qu'est un dividende, je lui fais manger son cahier ! Léa a enfoncé toutes les pointes de feutres et chouine à longueur de journée. Mathilde s'est lancée dans la confection d'un gâteau roumain à la purée de marrons et aux pruneaux. Est-ce vraiment une bonne idée ? Le temps commence à sembler long.
JOUR 10 : Samedi 28 mars. Je crois que mon fils est con, j'ai abandonné la division. On a une semaine de retard sur le travail envoyé par la maîtresse. J'ai vomi le gâteau aux marrons. 
JOUR 11 : Dimanche 29 mars. La caisse à outil est nickel, j'ai rangé mes clés plates par ordre de grandeur, les marteaux par ordre croissant de poids. J'ai trié tout ce qui pouvait se trier dans la maison : clous, vis, boutons, punaises (par couleurs), slips.. Je commence à voir flou.
JOUR 14 : Mercredi 1er avril. On continue sur le passé simple. La décence m'oblige à me taire. ..
JOUR 15 : Je rédige une lettre à l'attention du pape pour faire canoniser la maîtresse de mon fils. J'ai envie d'écouter Céline Dion en passant l'aspirateur dans le garage. Je crois que ça va pas le faire.
JOUR 16 : Vendredi 3 avril. « Les enfants prenâmes le goûter sur la terrasse ». Bon, c'est fois-ci c'est clair, Mathis n'aura pas non plus le prix Nobel de littérature... J'ai envie d'épouser sa maîtresse...je crois que je commence à délirer...Léa regarde la télé  H 24. Mathilde a commencé une pièce montée à cinq étages. Je le sens pas trop. J'ai déjà pris cinq kilos...
JOUR 17 : Samedi 4 avril. Je crois que j'ai chopé un Gilles de la Tourette avec cette saleté  de passé simple de m.....La pièce montée s'est cassée la gueule.  J'ai des hallucinations, les dessins de ma fille me parlent !
JOUR 18 : Dimanche 5 avril. Pour la première fois de ma vie, j'ai prié Dieu...
JOUR 19 : J'ai bouffé la page du livre de conjugaison. Problème réglé...
JOUR 20 : Passé la journée à chercher le chien, on l'a perdu !
JOUR 21 : Mer…., c'est vrai, on n'a pas de chien ! J'attaque ma cinquième bière de la journée. Léa ressemble à un lapin qui aurait attrapé la myxomatose.
JOUR 30 : 36 mars. Je suis sûr d'avoir vu passer la maîtresse de Mathis dans la pâture derrière chez nous : elle promenait son Bescherelle en laisse.  Je vais reprendre un Ricard …
JOUR 31 : J'ai les dents qui grattent, je transpire des yeux. Je me rends compte que mon slip est à l'envers. Comme je le porte au-dessus mon pyjama, j'ai l'air encore plus con.
JOUR 32 : An 3020 après ma belle-mère. Plus de farine dans les magasins, Mathilde est prostrée sur une chaise dans la cuisine, elle fait la conversation au four. Mathis essaie de diviser le passé simple. Léa bave devant la télévision. Les stocks de Ricard sont épuisés. Au secours...
JOUR 40 : 37 avril 2028. Oh non ! On a remonté le temps ! Il se passe des trucs bizarres... Il y a une dame dans ma cuisine qui pleure en regardant le four, je ne sais pas du tout qui c'est. Et cette petite assise dans le coin qui regarde en ricanant, elle me file les jetons. De toute façon, je ne sais plus comment je m'appelle. Je ne sais même plus pourquoi j'écris. C'est la fin...
JOUR 50 : Il s'est passé quelque chose. Il y a des gens partout, on entend « c'est fini ! », « C'est fini ! », « Plus de confinement ! ». Je ne sais pas ce qu'il se passe. Je sors pour voir. Je m'y reprends à trois fois avant de savoir enfin passer la baie vitrée. Je respire à pleins poumons. Je tombe dans les pommes. Direction les urgences.
JOUR 60 : Vendredi 15 mai. Reprise du travail depuis une semaine. Mathilde, Mathis et Léa vont bien. La vie a repris son cours normal, si ce n'est que j'ai du cholestérol, du diabète, des troubles de la personnalité (mon double ne parle qu'au passé simple et cherche à diviser tout ce qu'il peut, c'est un peu pénible...) Mais bon, nous en sommes sortis vivants ! Rendez-vous demain chez la psy !

Espérons que l'auteur de ce journal retrouve rapidement l'intégrité de tous les aspects de son identité avec l'aide de sa psy...

 

Rire et chanter

Nombreux sont les auteurs à partager sur les réseaux sociaux des chansonnettes parodiées et des compositions humoristiques accomodées pour préconiser le confinement et faire respecter les mesures de protection. Certains, pour garder un lien avec leurs voisins et retrouver un semblant de liberté, investissent leurs balcons ou fenêtres et livrent leurs performances musicales cocaces". C’est pour moi une manière d'établir un dialogue, rendre de l’humanité dans un moment déshumanisant, puisque nous ne sommes plus les uns avec les autres », confie l'un d'eux.

 

Rire et dessiner

 

Les illustrateurs et les auteurs de BD rivalisent de dessins dans les médias. Images caricaturales, dessins humoristiques, vidéos, une nouvelle forme de communication et de complicité en ces temps de confinement ?

 

 

 


 

L’humour renforce notre instinct de survie et sauvegarde notre santé d’esprit", disait Charlie Chaplin.

Pascal penserait peut-être que le virus a ses raisons que la raison ignore. Platon, lui, nous inciterait sans doute à la prudence et à rester dans notre caverne.

À défaut de remède idéal à nos épreuves, on rit pour ne pas pleurer, alors rions, chantons, écrivons, observons et tout en restant chez soi, maintenons le lien.

 

 

 

 

* Par Michèle Freud, psychothérapeute, directrice de l'Ecole de sophrologie
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