Michèle FREUD
Psychothérapeute, Praticienne en EMDR et en thérapies brèves

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Un nom ?

Paru dans "Ouest France"


Mais certains, si. Le nom est essentiel en termes d’identité et de rapport au passé. Influence-t-il aussi le choix du métier? Les chercheurs n’ont pas vraiment traité ce sujet.

 

Une psychothérapeute témoigne. Elle s’appelle Michèle Freud.

 

Le nom est un héritage qui peut paralyser. Ou stimuler, à la manière des commerçants qui s’affichent fièrement « De père en fils ». Le piège? L’obsédante exigence d’être à la hauteur. Le dilemne? Poursuivre dans la même voie ou s’en démarquer.

 

Michèle s’appelle Freud. « Mais Freud comme…? », interrogent toujours ses interlocuteurs.

Oui, comme Sigmund, le fondateur de la psychanalyse, dont elle est l’arrière-petite-fille. Pas simple, de porter ce nom immense, « parfois pesant », « qui fait partie de l’inconscient collectif avec tous les fantasmes que chacun y projette », admet-elle.

La psy, elle y est arrivée sur le tard. Il lui a fallu s’affranchir de l’interdit posé par son père. Il ne voulait pas entendre parler de psychanalyse.

 

À elle, le langage du corps

 

Michèle a donc opté pour des études de droit. Ce n’est qu’à 33 ans qu’elle s’est autorisée à sauter le pas, à s’affirmer psychothérapeute et sophrologue. Son arrière-grand-père s’intéressait aux maux de l’esprit. Elle, se passionne pour le langage du corps. Pas par hasard. « Des membres de ma famille, dont les quatre sœurs de Sigmund, sont morts en déportation. La Shoah est une histoire qui me concerne. Toute cette souffrance… Peut-être avais-je une dette à payer? Ou quelque chose à réparer? »

Aujourd’hui, elle forme des sophrologues à Saint-Raphaël (Var). Elle vulgarise son savoir (1). Elle reçoit des patients. Certains viennent de loin pour être soignés par « une Freud ». D’autres, au contraire, sont « rebutés par ce nom juif ». Des amusés la félicitent: « Pour une psy, vous l’avez bien choisi, votre nom! »

Ce n’est pas un pseudonyme. Freud, elle l’assume, même si un nom d’emprunt faciliterait parfois les choses. Elle songe aux psychanalystes qui l’ont analysée à 20 ans, puis à 40. Aux salles d’attente quand vient son tour et qu’on l’appelle d’un tonitruant « Mme Freud, c’est à vous ». Tous ces regards sur elle…

Elle dit: « La seule personne qui puisse me reconnaître, c’est moi-même. Je m’en suis persuadée il n’y a pas si longtemps et cela m’a apaisée.» 

 

Colette DAVID.